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April 09 MARATHON DE PARIS-42.195-2h36’38-1h18’28-1h18h10Bon, ca y est, vous avez tout compris, y’a plus rien à dire et ça tombe bien, j’ai pas une inspiration débordante pour narrer ce beau marathon de printemps. Ok, y’en a qui suivent pas, on va étayer un peu, coller une légende à ce titre qui peut paraitre mystérieux. 42.195, c’est la distance, en kilomètres, oui messieurs dames, ca en fait quand même!! Paris c’est la ville , en fait , capitale de la France , pas compliqué ,pas de piège non plus 2h36’38 c’est le chrono final, un bon chrono, faut le dire, moins de 30 secondes au dessus du record perso. 1h18’28, c’est le temps de passage au semi 1h18’10, c’est le temps passé sur le deuxième semi. Bah voila, toi lecteur, t’as tout compris, un « Negative split » qu’ils appellent ça les spécialistes. C’est pas compliqué, un « negative » c’est quand on réussit un second semi plus rapide que le premier et c’est si rare qu’il est bon ton de le préciser ! Bon d’accord, on va prendre la main du lecteur quand on dit et on va en griffonner un peu plus... C’est un temps idéal qui nous berce en ce beau dimanche matin, soleil, frais mais pas trop, lunettes sur le nez, débardeur light et la troisième sortie du short depuis Octobre dernier... Autant dire que la canne est bien pale mais affutée un minimum pour encaisser ce 42, le 19 eme au compteur (bah oui j’ai compté et j’ai pas que ça a faire, non mais !) Départ prudent, on connait le risque de s’emballer sur les champs... 4’00 le premier kilo puis on retourne vite fait dans le tempo du jour, 3’44, c’est signé. Concorde, Rivoli, Hôtel de Ville, on ne refait pas une nouvelle fois le tableau, on connait, et puis il ne s’y passe pas grand-chose, faut l’avouer, ça roule tout seul comme on dit , y’a juste a éviter de piétiner le pied du voisin . Premier difficulté aux abords de Bastille, faut s’y préparer, vient ensuite la ptite montée sur la place de la Nation, ca monte gentiment, le Cyr apparait alors avec Thierry, KM 8, à la maison pour le cyr . Je continue sur mon tempo , les gels sont bien négociés et on passe pas mal aux 10 en 37’23 , pil poil à la seconde près, ça commence bien même si la jambe n’a pas vraiment sa légèreté des grands jours ,mais on tient le coup , ca roule tout seul amigo , l’esplanade du château arrive alors, chargée d’histoire , puis vient le 15 eme kilo, on place de nouveau un coup d’estimation sur la forme du jour , 55’55 , c’est bonnard ,on tient , surtout que j’aperçois le ptit pépère qui file dans mes temps à chaque marathon ,je m’accroche à un ptit groupe pour enfin arriver au 17 eme kilo , le QG du Fan club, les parents et le Daddy en flagrant délit de Tifo, le Cyr et Thierry qui filet sur le parcours en VTT sont également sur place . Cette année faut l’avouer, on aura le droit à un nouvel angle de vue sur les Photos, avec un placement 200 mètres plus haut pour encourager le fiston, ca change tout !!
Le billard surgit alors, 18-20 ème kilo , y’a qu’ a écouter le chant des ptits oiseaux , le tapis roulant , t’as beau être pas terrible, si t’as le bonheur de t’accrocher à un ptit grupetto des familles , cousin, tu profites du paysage , t’entends juste le doux tapoti de la mousse E.V.A. sur le bitume, tu pourrais presque te regarder courir , le fessier moulé dans le canapé en vachette tellement ça avance tout seul sur ce passage-là. Je place tout de même quelques gestes assez poussifs et marqués pour rester dans le bon rythme et descendre du kilo en 3’35. Le Semi : c’est ici que commence le marathon comme ils nous disent à la télé. « Vous comprenez, les athlètes sont préparés pour endurer des distances énormes, un semi marathon sur ce rythme représente pour eux peu d’intensité. » Ok, bonhomme mais bon, 21 bornes faut les plier quand même, j’suis d’accord, les gazelles de la Rift qui déboulent sur du 21 km/h au compteur, elles s’observent, lancent quelques accélérations, mais bon, pour la plupart des coureurs, le but reste de finir pas trop crados sur la ceinture intérieure du lac mineur, du coté de Boulogne sur le kilo 38 .. Ok on a beau jouer la minute, pinailler au moindre grain de raisin avalé de travers, mais ça reste de l’amateurisme à notre niveau, la beauté du sport, tu vois le tableau. Donc, Ok, je commence mon marathon au semi, y’a juste à poinçonner du coté de Noisy Le Grand Mont d’est, tu descends à Vincennes, fais gaffe, ya les zones à respecter, le condé il guette, il en a rien à faire que le gars il porte un short un dimanche matin au mois d’Avril, même s’il a la canne blanche comme un fessier, tu te démerdes pour changer vers porte de Charenton et t’es tout frais au semi . On en était donc au Semi, aie aie aie, fait gaffe à la descente qu’on t’a dit, mais c’est pas vrai, ça !! Et la montée qui suit surtout, on tiraille sur le mollet, sur la pointe des pieds, manque plus que le tutu rosé, la rue de Charenton qu’ils appellent ça A ça, t’as la clé USB 450 Go pour 10 € sans problèmes, mais ton kilo , il coute toujours aussi cher ! C’est pas si mal pourtant , on doit toiser sur du 3’48 en fin de kilomètre 23, puis vient la belle avenue Daumesnil , large , bondée de badauds ( t’énerves pas la dessus , y’a pas de contrepèterie) , ca claque sur le bitume , faut pas s’emballer , 3’30 , retour sur Bastille , saloperie de pavé , va ! Le ravito me surprend (le mec qui découvre, c’est que sa 10eme édition quand même ….), j’ai pas le temps d’avaler mon gel avant de chopper la 33cl, ca décale tout , oula j’ai mal à la tète d’un coup , réflexion maximale, faut économiser le gel de tonton Overstims ! Ce n’est pas uniquement que ça coute un bras ou la peau du mollet ce merdier mais il faut surtout préciser qu’il ne m’en reste plus beaucoup dans la poche, ca rentrait pas plus de 6 là dedans.. aie aie , on va devoir la jouer fine sur ce coup là .. Tu vois lecteur, ça réfléchit quand même un marathonien ! On nous bassine que tout le sang glisse dans la cuisse en plein effort mais pas forcément… On fait le checkup , KM 25 , il nous reste : 17 bornes, 1 gel et un bon gros mal de cannes avec la ptite douleur récurrente en arrière de cuisse , collée sur l’ischio ! Ca semble mal parti, désespéré, et pourtant, tu risque d’être surpris, toi, lecteur … La suite , immédiatement après ça !!!! Ce programme vous est présenté par les gels « Biiiiiip », les crèmes antis frottements « Biiiiiip Biiiiip » et les sandalettes « triple biiiip » . On y retourne au macadam, les quais nous attendent, ça ne se refuse pas la balade sur Paris sous ce beau soleil, malgré que ce passage soit bien compliqué à maitriser ou plutôt supporter. Une succession de montées et descentes nous cassent un peu le rythme, faut bien le dire mais je m’en sors pas trop mal , le chrono est bien propre , la foulée reste saccadée par moments mais assez homogène , je croise toujours par-ci par-là le Cyr et Thierry qui auront boucler la quasi-totalité du parcours en VTT , malgré ma surveillance accrue .. Effectivement, je ne suis pas adepte des suivis Live, continus en VTT , c’est pas évident de se concentrer avec le suiveur qui sirote le lait-fraise tranquille à coté, limite avec la fine tranche de citron et le glacé de sucre sur le bord de verre . Plus Belle le Vie, alors que toi t’en baves à claquer du kilo sous la semelle . On vous dit que le marathonien, il réfléchit, se concentre, joue sur la tactique, fait des calculs savants sur le chrono, il parait même qu’il y en a qui essaient de calculer le CX, coefficient de frottement dans l’air, c’est pas des salades. Bon, revenons a l’essentiel, ce que t‘attends, hein, toi lecteur assidu, c’est à dire de la souffrance, de l’exploit sportif surhumain, la sublimation de l’effort, le coureur perdu dans ses ultimes retranchements. Bah, non , euh ,en fait j’enchaine toujours ma foulée classique , assise , ok , mais propre et régulière ,le coucou suisse . J’ai pas 50 ans, j’ai pas de Rolex mais j’ai pas raté ma vie comme il dit le Séguéla grillé à l’UV, c’est de la Brettling, manufacturés près du Léman, t’as beau faire le marathon des sables, t’aura pas un grain dans l’engrenage . On passe au 30 eme en 1’51’11, ça roule, Bea vient de me fracturer une vingtaine de phalanges, on commence à parler d’amputation au bloc opératoire… Sans rires , les gamins tu les vois sur le bords de la route, il tendent leur petite mimine bien frêles, gentiment , t’as l’impression d’effleurer un voile mais Bea , c’est autre chose , championne de bras de Fer 2006/2009 à Boulogne , toutes catégories et fédérations confondues , sans rire , Gégé le routier il y va plus, on a du lui amputer la clavicule, du coup sur ma tapottinette d’encouragement, j’y perd trois doigts, on les recolle in extremis avec la Croix rouge. Chirurgie réparatrice et je suis sauvé, les greffes de mains ça marche bien maintenant. Ouf que d’émotions sur ce marathon mais ce n’est pas terminé, à tout de suite et ne zappez pas ! On n’est pas sur le service public, faut rentabiliser les coupures pub. Les sparadraps « bouzoououuh » vont ont présenté cette première partie.
Peu après le Km 30 , du coté de la tour Eiffel , l’incident de course survient ,un gel , mon dernier, me glisse des doigts, faut pas gâcher qu’il nous dit l’auxerrois, et puis c’est l’assurance vie pour finir le marathon ce truc-la , en plus c’est un « coup de fouet » qu’ils appellent ça les commerciaux de chez « Stimm », super les traces sur les fesses ,pas très esthétique. Il m’échappe donc et d’un geste quasi automatique, que l’on pourrait qualifier de survie, j’enchaine une sorte de combinaison de prises de kung fu /aikido/taichi/tamagochi du bout du pied pour prolonger sa trajectoire quelques mètres plus loin et espérer le récupérer plus tard. Une demi-volée à la Lionel Messi, Platini 84, du Giresse pur jus au km 30. Artistique, je retiens de peu le triple Axel et passe la triple loots comme ils nous disent les Candeloro/Montfort. Vient alors le délicat moment de la réception je ralentis le rythme puis me penche sagement pour le ramasser ce satané gel. L’incident de course survient donc, le frein d’atterrissage se bloque, l’Asics taille 43 1/2 dérape sur le tartan humidifié et je me retrouve cul à terre, avec une foule de spectateurs qui assistent impuissants à la scène. La loose !! eh eh C’est pas grave je repars aussitôt et sans de bobo, continue ma chevauchée, 5 secondes de perdues Km 33, j’enchaine comme un malade, le cyr n’arrête pas de crier « vas’ y Fab , faut tenir maintenant ! J’écoute ses conseils, je vais pas le vexer le cyr , il vient la , laisse la ptite famille à la maison , Thierry et Bea c’est pareil , il passent leur dimanche matin a suivre le boulet, faut pas les contrarier , c’est la moindre des choses tout de même … Le passage très compliqué approche, Roland Garros est passé tranquillement j’ai pas eu le temps de m’arrêter sinon le Nadalito je lui mettais 6-1 / 6-0 pleine dent, il a beau avoir un bras gauche comme ma cuisse, j’ai la forme amigo ! Le vente se comporte pas trop mal , la lucidité est totale ( c’est bien les gels , j’ai découvert il n’y a pas si longtemps .. !!) mais le mal de jambe se fait de plus en plus sentir . En passant , c’est normal d’avoir mal aux jambes au bout de 34 bornes sur temo soutenu , doc pas trop d’ ‘inquietudes . Mais bon ,ce fameux passage hardos ,est la , un virage et on y est , km 35-36 , la longue et surtout large avenue qui nous mène a la porte d’Auteuil ,mais que c’est dur , ce pavé pourri, certains commencent à dévisser sérieux , la couverture de survie sur le dos .Je ralentis le rythme en m’arrachant sur du 4’00 au kilo , et vois alors dans l’oeil du Cyr que le doute s’installe . NOOONNNNN, pas à la porte d’Auteuil , la vie n’est qu’un éternel recommencement !!! AAAHHH !!! Je ne peux pas m’écraser comme une fiente le long de l’hippodrome, c’est pas possible, le marabout sur le bas coté, il tripote les osselets, il voit rien de mal pour aujourd’hui. Je m’arrache alors pour passer ce moment difficile, ca va revenir garçon !! Je reviens alors sur un bon tempo pour enquiller le 38 eme sur une super foulée , le bois de Boulogne est entamé, il nous faut finir propre , tout donner , j’ai aucune notion du chrono l’espace temps est figé , y’a les frères Bogdanov qu’ont appuyé sur le mauvais bouton , on se retrouve dans cette fameuse 4 eme dimension du marathon , t’a beau avoir 4 kilos a boucler , ca parait une éternité, si tu t’écrases comme une blatte ( mais si ça se dit !!) , tu gâches tout, façon gros orage a la fête de l’huma ,sur quelques kilomètres tu passes de la bonne sensation à l’échec total , la contre perf , faut rester vigilant et forcer le talent au bon moment , sans se lancer éperdument dans la bataille.
Le marathon il pardonne pas , si t’as joué au flambeur sur Gravelle ,tu paies cash,si t’as perdu un gel au 30 eme , tu passes aussi a la caisse direct ( ouf !) . C’est a toi de jouer à ce moment , tout en évitant de te laisser bêtement endormir pas une allure générale qui est forcément plus lente , tu dois tenter de garder ton rythme, si possible. Alors là , tu t’accroches à tout ce qui passes, t’es pas dans le rationnel, tu regardes le bas coté , un chien qui te gueule dessus, un panneau, un tronc d’arbre, une toile d’araignée, un gamin dans une poussette, même si t’entends son « OUUIIIN » ou si tu flashes sur son doudou 200 mètres après , c’est pas grave, t’es dans ton monde , ta bulle ,tu regardes inconsciemment l’arche du km 40 , plus que 2 kilos , ça fait un Pont de Bry - Pont de Nogent, c’est que dalle mais tant à la fois, « 3’38 !!! » que je dis au Cyr, c’est pas possible, les 4 derniers kilos en moins de 3-40 , 16.5 km/h . c’est bon ça. ! En fait , le Cyril, il comprend pas trop le propos mais c’est pas grave , même quand on se comprend pas , on se comprend quand même ! ( pas mal celle-là, non ?) Les sensations sont au top, ça doubles a foison, la fin du 42-2 est souvent synonyme de survie mais aujourd’hui, tu voles tel un goéland, que dis-je, un albatros, la pluie fine et légère, la brise te caressent les ailes (faut pas trop en faire non plus … !!ehehe) KM 41, rien, il ne reste rien, je double, force les gestes pour tenir le standing, les cuisses n’arrivent plus à se soulever, faudrait un assistant qui me mette la main sous le genou pour le monter, c’est un truc de fous, tu me mets un boudoir sur la route je trébuche dessus, pourtant c’est pas imposant un boudoir, pour peu qu’il soit mouillé en plus. La foule est assez dense en ce dimanche ensoleillé, « Vas-y c’est finit, 1 kilomètre !! ». C’est quoi un kilomètre ! C’est beaucoup, je fais vite fait mes calculs, dans 3’40 je lève les bras, achève ce massacre musculaire pour mes pauvres cuisses, profite du bonheur de finir fort, il y a tant de choses qui se passent sur ces moments mais finalement quasiment rien quand on y réfléchit un peu. Mais qu’elle est loin cette ligne droite qui nous mène au rond point de Tassigny, en plus il parait énorme ce rond point, le hall B8 de Orly, t’as des gens au milieu, sur les cotés, les jambes vont exploser, j’ai le sentiment d’avoir tout donné, rien à rendre sur le bifeton, vous gardez la monnaie merci pour tout. Mais si , vous savez la ptite boite en carton pour la Croix Rouge, a la boulangerie, c’est pour moi, on laisse les pièces cuivrées là dedans, mes 200 derniers mètres, j’en profite comme jamais j’accélère, j’ai toujours la chaussure qui rase le bitume, y’a de la fibre qui a pété, du muscle sacrifié pour la bonne cause et le plaisir immense de franchir la ligne d’arrivée, la foule en délire , l’écran géant, ca y est , champion olympique !!! de Villiers.. C’est pas si mal. Bon ok ,lecteur , vu du canapé , choppé d’un coin de l’œil sur le blog, on a du mal a assimiler ces sensations ,se fracasser de la cuisse pour grappiller quelques secondes peut paraitre un peu étrange mais ce qui ressort de ce marathon, c’est pas vraiment le chrono pas degeu de 2-36-38 mais surtout le gros finish qui l’a cloturé, avec bon un « Négative split » ( 2eme semi plus rapide que le 1er) qui nous laisse de bonnes-bonnes sensations !! Un gros bisou aux fideles suiveurs, qui ont su allier discrétion et soutien bien placé et appuyé. Sans eux je ne serais rien, merci à ma famille, mes amis qui m’ont toujours soutenu, les sandalettes « PiéZofré » pour leur oxygénation plantaire exceptionnelle, les gels « Trop-d’estime » qui me permettent de bénéficier pleinement de mes capacités naturelles sans oublier, bien évidemment, les scotchs « SureTestons » brevetés aux Usa et dans 146 pays, qui préservent efficacement les tetons des irritations grâce à un procédé exceptionnel couplant Téflon et poil de moher. !!! eheheh
Stats ( pour ceux que ça intéresse) : · Beau, 11°C au départ · 1er Semi : 1h18’28 · 2eme Semi : 1h18’10 · Total : 2h36h28 · Classement : 108 / 30332 arrivants
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