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    July 27

    Ultra 6000D : L’ultra c’est fini !!

    Ok, ca fait 10 fois que je l’annonce, mais, là , on est obligé de se faire une raison quand même .

    112 bornes et 5500 m. de D+ réels, voila le programme. C’est de l’ultra, je confirme, c’est long, quoi. De la rando qui va vite on va dire ... et une redoutable usine à me massacrer les intestins/estomac/boyaux !!  C’est toujours le même problème qui me tombe sur le coin du nez , ça tient 5/6 heures et vlan , le dérèglement arrive , sournoisement , d’un coup , y’a plus rien a faire , les nausées débarquent, chaque pas couru est douloureux, montée, plat, descente ,même combat , toute forme d’alimentation devient très très compliquée . La descente aux enfers !! Bon, j’ai quand même fini ce bordel, histoire de boucler la boucle pour de bon !

    15h27 (5h00 sans manger et les 2 dernières heures en marche intégrale , c’est longuet !!) , 18 eme / 168 . Peut etre le texte bientôt dans les bacs …

    July 06

    Marathon du Mont Blanc : 42,2 kilos de montagne . The Text !!!

    coucou , voila le texte du marathon de cham, disputé la semaine derniere. S'en est suivi une grosse semaine de montagne, avec notamment la grosse sortie solo record du Brevent par le col en 2h25 !! C'est le moment d'aller buller sur la plage, rien de tel qu'un texte bien long et pas trop prise de tete entre deux chichis et mascottes à la pomme !!

    Attention faut pas se faire avoir comme un bleu, t’entends illico le mot magique, « marathon » et tu glisses dans le piège ...

    Alors forcément, tout de suite, tu sors le stabylo pour coller les temps de passage sur le poignet, les fioles ½ millilitre autour de la taille, le ptit gel qui va bien et qui te coute un bras au gramme (à chaque fois je le sors cet aparté !!). T’as même fait chauffer le gatosport à 180°C pendant 45 minutes pour optimiser la digestion matinale. Enfin, si tu suis les indications imprimées sur la boite, t’as droit à de la mousse au chocolat lyophilisée, j’arrive jamais à le sortir du four avant 1h30 le truc, avec l’impression systématique qu’il ne cuira jamais !! Tiens une idée qui nous arrive au vol, ce serait intéressant de tenter l’opération « Gatosport24 ». Le concept est simple, tu mets le gato’ dans le four, tu repasses 24 heures après et, au choix, t’appelles les pompiers ou t’essayes d’en avaler une miette pour te lancer sur le 42 de Cham’ !! Revenons à la course, finie la popote !

    Nous revoici donc cette année avec le Bruno sur ce magnifique tracé du Marathon du Mont Blanc. Comme indiqué en préface, c’est un marathon, donc 42,2 kms, c’est pas des salades, ils arrivent à nous sortir une distance officielle au bout de radis près, il en manque pas une goutte, t’en as pour ton argent cousin, alors que de temps en temps, t’arrives à trouver le kilo à près de 2 euros, posé sur l’étalage. L’arnaque.

     Quand tu penses, lecteur, que sur certaines courses à jambon sur bitume, ils arrivent pas à nous calculer un 10 bornes tout sec, c’est impressionnant de jauger le centimètre en montagne.

    A mon avis, sur Cham’, ils nous ont loué un satellite pour l’occasion. Le machin, il arrive à te mesurer une empreinte de marmotte au centimètre près, depuis les étoiles !!

    Je ne démords pas qu’il faut quand même les trouver les 200 mètres en montagne …

     

    5h15. Réveil du guerrier. Le sac est prêt depuis la veille, faut pas déconner sinon c’était une levée sur les coups de 2h00 du mat’ …

    Le sac « Olmo » bricolé maison vous connaissez, les manchettes, débardeur moulant de la 6D 2008, près du corps, pour vivre les sensations Trails optimales !! On n’oublie pas les Salomon sur leur troisième sortie (pas sérieux..), le ptit coup de Nok, les scotchs. Vous connaissez le scenario de circonstance, on passe là-dessus.

    Nous déposons donc nos sacs, on doit être sur les coups de 6h20, le soleil levant rougit tendrement le Mont Blanc  qui se trouve aujourd’hui éclatant sous ce ciel bien dégagé. Niveau Celsius, on frôle les 11°C, c’est plutôt confortable en montagne.

    Le départ est donné vers 7h00, nous sommes près de 1500 à nous lancer sur ce marathon montagnard. Je me fixe raisonnablement un 3’45 au kilo, passage au semi en 1h18’30. Aie, tu vois lecteur, j’ai mordu à l’hameçon, et pourtant  je l’ai annoncé, c’est pas un vrai marathon qu’on vous a dit !!! T’es pas obligé d’arracher les gobelets à la volée, glisser le gel dans le bon sens du slip pour l’arracher au plus vite, viser le tempo parfait et fuir le malheureux grain de sable dans l’engrenage. C’est un trail !!! On y arrive enfin. Pour ma part c’est le premier trail montagnard de la saison, on mettra de coté l’hermine, assez roulante bien que convenablement vallonnée…

    Le départ est assez rapide, comme toujours  vous me direz, mais il faut tout de même préciser que les dix premiers kilos sont assez roulants, on peut même pousser gentiment jusqu’au 18 ème point kilométrique  sur du 13-14 km/h, pour glisser sur la première grosse difficulté matérialisée par la montée aux aiguillettes des Posettes . C’est mignon comme nom ?

    Ce début de parcours n’est pas très passionnant, il faut dire que j’en bave un bras sur cette entame de course, aie , des jambes en coton comme j’en ai rarement eu , de la guimauve avec des runnings et un short autour .Tiens d’ailleurs j’y ai pensé au short , un peu serré sur le jambon , ça pourrait expliquer des rondins douloureux sur ce gros début de course ( 1 bonne heure de galère). J’attaque donc la grosse montée au bout d’1h30, 1000 m. de D+ en 6 kilos, c’est raidillon ce truc, j’enchaine direct les mains sur les cuisses et me fais interviewer en plein effort comme ils disent. J’imagine le résultat, avec ma respiration de bovin, l’aspect écarlate de l’écrevisse d’eau douce, et un ruissellement de sueur continu. J’en bave, c’est pas des salades, c’est pas le bon moment pour jouer les stars. Je sors alors deux trois conneries de circonstance au cameraman avant de me faire pourrir derrière. « Bah alors t’arrêtes de discuter et t’avances !!! ». Il déconne le gars mais bon, c’est vrai que je m’endormais un peu la dessus… On a vite fait de se caler sur un faux rythme de pépère dès que le sentier se durcit, tu te complets allègrement sur un tempo de rando à grosses pompes, gourdes en acier trempé, sauciflard pendouillant par sa ficelle et le butagaz au fond su 150 litre, mais heureusement que ça pousse derrière pour remuer le tout !

    On attaque fort dans cette montée, je suis de près le lascar et arrive tant bien que mal à encaisser les si compliquées parties légèrement planes placées entre deux murs. C’est ici que ça se joue pour grappiller quelques places, le nerf de la guerre qu’ils disent : Réussir à courir dès que c’est possible. Mais, aie aie aie, j’ai la canne qui brule sévère, c’est pas possible, t’ajoutes à ça  un cœur de marmotte gonflée aux triglycérides/cholestérol, un souffle de colibri asthmatique, une dynamique de pachyderme qui aurait avalé un « kouign aman » revenu au beurre et t’as une idée sur l’état du bonhomme ! Sans oublier le concentré de white spirit qui coule dans le jambon à l’os, c’est danger l’ami, produit inflammable, avec la ptite flamme pour dire que ca s’embrase ce truc ! On ne va pas crier misère non plus, je me place gentiment dans le top 30 pour l’instant  mais la bonne sensation est dure à débusquer ce matin. On descend bien à la mine pour venir chercher ses beaux panoramas. Il m’aura fallu 1h00 pour grimper ces satanées « Posettes », et c’est parti pour la descente ! Le passage spectaculaire de l’hélico au bord des crêtes ajoute un peu de sensationnalisme au moment magique ! Que c’est beau, un soleil radieux, pas de vent, et une vue splendide. Bon, mon gars, t’arrête de jouer les poètes, t’as la descente de barge à engager maintenant !!

     J’y vais franco de chez franco, une « descente à la Cyr » comme on dit dans le métier. C’est rapport à un gars qui déboule comme un malade sur du sentier technique, une légende. Si t’as le malheur de l’avoir dans le dos  et que t’entends son pas se rapprocher dangereusement de tes runnings, faut dégager sur le coté d’urgence, tu peux rien faire, cherches pas à comprendre, un rouleau compresseur, « l’avalanche estivale » comme le surnomment les anciens. Y’en a même qui disent qu’il aurait déjà cassé des cailloux, mis des sentiers hors d’usage !!

    Tout ça pour dire que j’entame ce sentier pierreux et technique avec quelques neurones déconnectés mais un gros bonheur. C’est l’unique grosse descente du parcours, faut en profiter, on n’a pas souvent l’occasion de se régaler la dessus. Faut faire gaffe, c’est technique pour le parigot, t’as la running qui racle de temps en temps sur l’avant. Faut pas penser à la gamelle sinon l’hélico tu le verras arriver mais pas pour te chopper sur la vidéo …

    J’enchaine le style cabris proprement, le sentier devient alors plus roulant, ca avoine sec.

    Je repère le passage du shoot photo de 2008, une silhouette au loin , il n’en faut pas plus pour remettre la casquette proprement , vérifier le positionnement du short, la chaussette, c’est bon , pas de pb , on va poser sur  la photo tout en jouant le gros warrior de l’effort extrême, faut pas déconner . Loupé, pas de photo star au programme, tout juste une demi-seconde de vidéo des familles, introuvable sur le net !!!

     25 min plus tard, 4 gus sont passés et nous voila  de nouveau au village du « Tour ». Je continue mon ptit rythme honorable, et voilà la cuisse qui semble maintenant être à bonne température, on peut y aller sans modération, faire parler les Watts ! Hydratation et glycémie ne sont pas trop mal gérées, on va pouvoir s’éclater ! N’exagérons pas non plus, il faut tout de même forcer un peu la talent la dessus, c’est pas de la rando !! Les passages roulants sont bien négociés, j’arrive encore à doubler quelques collègues pour entrer dans le top 20 au scratch, les places deviennent pourtant irrémédiablement dures à grappiller, il doit nous rester 1h30 de course si on se base sur le tempo de 2008 avec la bonne grimpette vers la Flégère.

    Le soleil tape fort, je ruisselle toujours autant, y’a rien à faire, c’est le réchauffement climatique, la fonte des glaces, le carbu doit être mal réglé , dès que ça monte un peu dans les tours t’as le radiateur qui fume, comme dans les films américains où y’a toujours une caisse qui tombe  en rade dans le désert, un grand classique. Eh ben c’est toujours le radiateur qui pète, c’est plus cinématographique (c’est qu’‘il est long ce nom-là !) .

    Y’ a du tifo , on n’en a pas encore parlé de cet aspect , les coureurs sont venus en famille en ce beau dimanche. « Allez Fabrice !! » (Le prénom est inscrit sur le dossard, faut pas non plus imaginer que le gars fait bourlinguer ses fans à chaque apparition !! On verra plutôt ça au Perreux...) .Et il en faut des encouragements, c’est peu dire, le parcours devient exigeant par la chaleur et les relances incessantes. J’arrive à garder une dynamique correcte mais on n’est pas réellement sur un finish d’anthologie. Connaissant le parcours, je tente de doser l’effort au mieux.

    La  fameuse « Flégère » approche à grands pas, je ne peux m’empêcher de filer un coup dans le retro. C’est l’instinct, t’y peux rien, pas moyen d’y échapper. Quand t’es dans ta course, t’as beau être dans les moins de 20 ou sur un podium potentiel, t’as toujours le reflexe de filer un coup d’œil sur la concurrence. Tel un charognard, tu jettes un ptit coup d’œil au loin pour espérer apercevoir la bête malade, l’antilope abîmée par le félin. C’est également le moyen de se motiver pour aborder les derniers moments de course souvent couteux en énergie et mental. Dépasser un concurrent même mal en point est toujours l’occasion de continuer à glisser sur la bonne dynamique. Et puis tu files toujours un ptit coup au rétro pour jauger ta forme perso. Quelle cruauté règne dans cette belle famille du Trail !! eheheh.

    La « Flégère » !! 3h54 de course. Cette année, je ne me fais pas avoir, on n’est pas arrivés, il a beau ne rester « que » 6 kilos, si tu tends l’oreille t’entends la douce voix mélodieuse du speaker qui résonne dans toute la vallée, mais ce n’est pas fini pour autant. Ok, t’as le mur final qui vaut sont ptit pesant d’ « Hydrixir » mais t’as surtout un magnifique tracé en balcon jonché d’innombrables relances. Et en fin de parcours, faut l’avouer, t’en as plein les cannes, alors les relances, ça te branche pas plus que ça..

    Je croise quelques randonneurs par-ci, par là, en prenant au passage tous les encouragements dispo, c’est tout benef’. La progression est correcte, un panneau indique alors une position de l’arrivée à 2 kms. Je vois déjà le mur quasi insurmontable se dessiner au loin avant de rallier l’arrivée. Un truc de fou, mais je m’y attends cette année. J’aperçois surtout un gus dans le retro, une tête connue qui me gratte souvent l’arrière de la Salomon sur ces trails estivaux. Aie aie, je vais devoir en rajouter une ptite couche pour conserver ma 16 ème place si durement gagnée, salopard, il me fait le sale plan du jour,  j’aurais pu glisser tranquillement en roue libre, chtite olive qui pique/Perrier citron en terrasse, les pieds glissés dans de la tong en paille, tranquille, quoi … Bah non, je vais devoir m’arracher dans les derniers mètres, obligé de forcer le trait !! Arrgh 

    Du coup je m’arrache comme un malade, en sortant la totale du trailer, les mains sur les cuisses, la foule en délire applaudit l’effort surhumain, Mimoun à Melbourne avec ses tatanes en cuir sous 35 degrés, l’esprit est là, tous les ingrédients de la course d’anthologie sont présents ! Je force comme jamais, donne tout ce qui reste sur ce dernier tronçon nous menant à « Plan Praz » et boucle finalement ce beau parcours en 4h31 (1 min de plus qu’en 2008) me plaçant 16ème au scratch (comme en 2008 !). Après une petite séance de papotage avec Steph Jouvence, je viens accueillir Bruno qui boucle son tracé, satisfait, en 5h33.   

    Reste maintenant à descendre sur Cham, en télécabine 3 étoiles fraichement installée. Et dire qu’en 2008 on avait songé déroulé en footing les 1000 mètres de D- pour regagner la vallée …

     

    Stats :

    ·         Météo : Soleil, 28°C à Cham’ (11 °C départ/28 °C arrivée)

    ·         Distance : 42, 2 Kms

    ·         Dénivelé : 2511 D+  /1490 D-

    ·         Chrono : 4h31’30

    Place : 16 / 1500